jeudi 23 août 2007

Parce que toute bonne chose a une fin...

Je serais surprise d'apprendre que bien des gens ont lu ce dernier message puisqu'à ce jour, tout le monde est revenu à bon port, tout le monde s'est remis du décalage horaire et bon nombre d'entre nous ont retrouvé leur train-train quotidien. Ce blog n'a donc plus grand intérêt pour nos habituels visiteurs. Pourtant, un voyage ne se termine pas au moment où l'avion touche terre. Il y a tant à dire, à faire, à se remémorer. L'énergie et l'ambiance qui se crée dans un périple comme celui-ci est inexpliquable. On ne peut pas comprendre ce sentiment tant et aussi longtemps qu'on ne le vit pas personnellement. Pourtant il fait bon en parler et c'est un peu le but de cet article qui clôturera peut-être le convoité blog de ce voyage tant attendu.

Vivre 24h/24h avec 13 compagnons pendant 15 jours, on ne peut pas se l'cacher, c'est essouflant! On s'aime, on se déteste, on s'admire, on se tappe sur les nerfs, on rit, on pleure. En 2 semaines, on passe par tous les états d'esprit possible et inimaginable. Cette intensité, quelle soit psychologique ou physique, elle nous épuise! Je peux vous dire que les derniers jours n'ont pas été faciles. Chacun avait hâte de retourner à la maison, de revoir sa famille, sa blonde, ses amis. Pourtant, en ce qui me concerne, lorsque je suis retourné chez moi, que j'ai salué un peu mes amis et ma famille, je n'avais qu'une seule envie: revoir ton le groupe et passer encore un peu de temps avec eux. Nous avons partagé des moments mémorables que nous ne voulons pas oublier et c'est la présence du groupe qui me donne l'impression que rien ne s'effacera.Bref, ce sentiment d'amitié qui s'est créé, autant entre les jeunes qu'avec les animateurs, est la preuve que nous formons un groupe solidaire, uni et ouvert d'esprit.

Il va sans dire que cette expériance n'aurait pu être possible sans le temps et l'engagement de nos animateurs dévoués. Aucun mot n'est assez fort pour exprimer la reconnaissance que nous avons envers eux. Eux qui ont cru en nous, eux qui nous ont poussés à persévérer, eux qui jusqu'au dernier moment nous ont supportés avec nos idées folles de périple africain, eux qui sans compter nous ont tant donné. MERCI! Ce petit mot qui parait tellement simple, mais pourtant tellement sincère nous vous l'offrons mille fois encore.

C'est donc la tête pleine de souvenirs, le coeur rempli d'amitiés et un goût de l'aventure dans l'âme que nous revenons à la maison. Et n'oubliez jamais que même si toute bonne chose a une fin, il n'est jamais trop tard pour recommencer encore et encore...
Je vous dit donc...à tout de suite!

Gabrielle (Une pionnière épanouïe)

samedi 18 août 2007

Naître, mourir, renaître encore et progresser sans cesse, telle est la loi *


Hier c’était la course dans le métro. Pas le temps ou presque pour marcher, notre itinéraire est chargé comme celui d’un ministre. Debout au chant du coq, en fait au son du camion de vidange, du livreur de légumes et de bouteilles, Gérald et Pierre se lamentent du boucan nocturne incessant. La chambre des jeunes se situent à l’arrière de l’édifice et la nôtre, devant l’aire de livraison…

Partis pour la tour Eiffel, nous amerrissons dans une fourmilière grouillante de touristes. Nous nous repérons facilement grâce à nos chandails rouges mais nous serrons quand même les rangs. Une faune bigarrée de vendeurs du temple tente d’attirer notre attention avec des breloques aux couleurs de la tour. Nous enjoignons les jeunes de ne pas leur répondre, ni même de les regarder. Pendant que Gérald négocie au comptoir des groupes, nous sommes assaillies par un escadron de gitanes qui demandent l’aumône. Les jeunes sont fascinés par ces femmes mystérieuses, vêtues à l’orientale, organisées en bande qui sollicitent systématiquement tous les badauds.

Gérald de retour nous annonce penaud, qu’ici nous ne sommes pas un groupe, que celui-ci doit obligatoirement compter au minimum 20 membres. Alors pour la première fois en 2 semaines nous devons nous abaisser à faire la file avec le peuple. Plus de passe-droits comme au Louvres, à Versailles ou au Mont St-Michel. Au moins une heure et demie d’attente. Je me rends à mon tour au comptoir pour essayer de séduire la préposé Mon charme n’opère pas plus que celui de Gérald. J’essaie de la soudoyer en lui offrant de payer pour 20 personnes au lieu de 14. Rien à faire, elle est incorruptible. Elle me trompète que l’administration de la tour est privée et que la réglementation est ferme. Pas de faveur pour les petits cousins scouts…

Aussitôt les attentes, ascenseurs et photos d’usage terminés, nous nous dirigeons en métro vers le non moins célèbre cimetière du Père Lachaise. Une ville des morts au milieu de celle des vivants. Je suis allé à Paris plusieurs fois toujours en me promettant d’y passer un moment. Depuis que je suis enfant je suis fasciné par les cimetières. Probablement parce que j’ai perdu une de mes sœurs alors âgée de 7 ans, de 2 ans mon ainée.

Les jeunes ont trouvé ma proposition bizarre mais ont accepté volontiers de se plier à ma lugubre requête. Et ils n’ont pas été déçus. Arpentant ce magnifique lieu de monuments démesurés, de tombes sinistres et de mausolées excentriques, ils ont pu admirer le lieu de repos de Chopin, Molière, Lafontaine, Alphonse Daudet, Lamartine, De Musset en passant par les incontournables Jim Morrisson, Yves Montand/Simon Signoret, Gilbert Bécaud, Marcel Camus ou Maria Callas. On a pris le temps de s’arrêter devant le bronze intégral de Victor Noir, réputé pour rendre fertile ou favoriser les amours désirés, si vous caressez le bronze à certains endroits stratégiques. Pas assez de 90 minutes pour tous voir. Faute de temps, on a même dû laisser tomber Piaf, Bizet et Balzac.

Évincés du cimetière par les crocs-morts à 18h00 pile nous marchons de pieds fermes vers l’auberge afin de repiquer une tite sieste avant de se remplir la bedaine chez notre arabe préféré. Heureux de nous revoir, il était déçu que nous ne mangions pas de son couscous mais plutôt de la pizza, du poulet ou des viandes rouges. Je lui ai expliqué que tous nous combattions une intoxication sévère à la baguette, au brie et au pâté.

Paris, la méconnaissable


Je suis allé pour la première fois à Paris au même âge que nos jeunes, soit à 17 ans, rejoindre un de mes frères qui y étudiait. Je suis retourné à quelques reprises avec mes parents et plus tard avec Anne, mes enfants et un autre groupe scouts en 2003. Paris était alors sale, les trottoirs couverts de crottes de chien. Les moindres recoins de la capitale sentaient l’urine et partout on rencontrait des mendiants ou des rassemblements inquiétants de jeunes immigrants ou de gentes dames offrant leurs charmes aux touristes.

Tout ça c’est de l’histoire ancienne. Paris est métamorphosée. Les quais de la Seine qui jadis grouillaient de tristes sires, sont aujourd’hui couverts de sable, de filles en bikinis, d’enfants qui sautent sur des trampolines, de joueurs de pétanque et de bistros improvisés. Et il y a des toilettes PARTOUT à Paris. Et gratuites. Et de la police, s’en est épeurant. Armée jusqu’aux dents avec leurs mitraillettes et uniformes de camouflage. Fini le risible gendarme de St-Tropez. Aujourd’hui Paris est exagérément défendue pour ne pas que se répètent les actes de terrorismes d’il y a quelques années.

Les grand prix du camp

Suite à un vote secret de l’animation, voici la liste des gagnants des grands prix du Pionniers en France 2007 :

Les garçons :

L’écuyer toujours disponible et aimant magasiner : Simon B
Le chevalier persévérant et attentionné : Alexandre
Le galant serviable : Simon C.
Le protecteur de ces dames : William
Le clown en liberté : Gilbert


Chez nos filles :

La travailleuse discrète : Cynthia
La fonceuse pleine d’initiative : Chloé
La Jeanne d’Arc négociatrice : Gabrielle
La Cœur vaillante généreuse : Amélie
La diplomate qui donne sans compter : Maryse


Une plaque commémoratrice sera gravée sur la tombe du Pion. inconnu pour souligner ces récompenses.

Nous vous remercions d’avoir eu la patience de lire ces textes quotidiens qui nous ont permis de rester en contact avec vous, malgré la distance. Pardonnez nos fautes et les propos qui vous ont peut-être froissés (ça ressemble à une prière que je connais). C’est une chronique écrite sur l’inspiration du moment, sur un banc de parc, dans un lit, ou un coin de table de piquenique. Alors à bientôt, devant un verre de rouge, une baguette et un morceau de brie, peuchère…

Benoit et les preux Pionniers de la 148e

* Inscription prise sur la tombe d’Allan Kardec, un grand spiritiste au cimetière du père Lachaise.

vendredi 17 août 2007

J’ai deux amours, Repentigny et Paris


C’est après la meilleure nuit de notre séjour que je me lève pour prendre un petit déjeuner fastueux composé d’un choix de liquides chauds foncés assortis d’une chocolatine ou d’un croissant frais d’il y a quelques temps, offert par les distributrices de l’auberge. Ce déjeuner est offert gratuitement par la maison pour s’assurer que tout le monde soit debout et dehors avant 9 heures, moment où se termine l’offre de déjeuner gratuit. Après ce consistant repas, nous nous retrouvons une fois de plus à l’aventure dans la jungle parisienne devenue depuis peu notre terrain de jeu.

À peine arrivé au coin de la rue, que nous rencontrons un homme à l’allure étrange et dont la cohérence est douteuse. Les jeunes ne sont pas habitués à ce type de comportement. Nous reprenons le chemin de la cathédrale Notre-Dame de Paris en logeant la rive nord de la Seine. C’est après une longue marche dans les rues inégalement pavées que nous pouvons finalement contempler la belle et merveilleuse cathédrale abritant le bossu légendaire. Nous prenons une bonne heure pour visiter cette magnifique œuvre. L’intérieur de la cathédrale vous coupe le souffle par sa grandeur et l’éclat de ses vitraux.

Après cette visite, vite direction shopping. Gérald écume le magasin « Le vieux campeur » situé à 2 pas, tandis que les jeunes se dirigent vers les Halles, immense centre commercial sous-terrain au cœur de Paris. Pour ma part je m’assure que Gérald ne dépense pas toute sa paye à la boutique à l’affut du dernier gadget manquant à sa collection. Ensuite nous marchons plusieurs km pour se diriger aux galeries Lafayette, haut lieu de la poupounerie parisienne. J’ai ordre de taire le but de notre raid.

De retour au lieu de rendez-vous, nous comparons nos emplettes et se redirigeons vers l’auberge afin d’y effectuer une sieste réparatrice. Après s’être refait des forces pour notre escapade nocturne parisienne, nous nous mettons le cap sur l’avenue des Champs Élysées, le jardin des Tuileries, la place de la Concorde, son obélisque et ses fontaines somptueuses. Plus que quelques km avant d’atteindre l’Arc de Triomphe mais avant nous devons traverser un torrent de boutiques de luxe. Le traumatisme passé nous décidons de grimper au haut de l’Arc, histoire de s’imprégner du « Paris by night ». Tout un spectacle nous attend. La Tour Eiffel brille de ses mille feux. On peut même apercevoir au loin le Sacré-Cœur sur la butte de Montmartre, visité il y a quelques nuits.

Aujourd’hui au programme, la Tour Eiffel en entrée, le cimetière du Père Lachaise comme plat de résistance et le bateau mouche, la nuit, au dessert. Ouf c’est la dernière, autant en profiter.

La promiscuité intime

Il n’est pas facile de vivre 4 animateurs (3 hommes et une femme) pendant 16 jours sans presqu'aucune intimité. J’avais souvent vécu des camps avec Patricia, Gérald ou Pierre dans le passé mais jamais je n’avais été si « près » d’eux. Dans le camper c’était un peu exigu mais ça allait assez bien du côté « du temps pour soi » puisque nous avions des salles de douche et toilettes individuelles dans tous nos campings. À l’auberge de jeunesse c’est une autre histoire. Nous avons une toilette et une douche pour nous 4. En plus nous dormons dans 2 lits superposés. Il faut être fait fort. Dans toutes les chambres des filles, des gars et des animateurs flottent une odeur rappelant vaguement le camembert. Des serviettes mal séchées, des sandales de douches humides ou simplement des souliers, chaussettes ou vêtements des jours précédents embaument nos lieux de sommeil d’un frais parfum d’égouts de Paris. Mais on s’amuse ferme en s’accusant mutuellement de générer ses subtils effluves pestilentiels. Patricia pendant ce temps rit de bon cœur.

L’entraide

Je suis à ma 9e année d’animation chez les Pionniers ayant aussi animé un groupe Éclaireurs en parallèle pendant 3 ans. J’ai vécu une bonne douzaine de camps d’été et une trentaine de camps de fins de semaine. Pendant ces années j’ai eu la chance de guider plus d’une bonne centaine de jeunes de 11 à 17 ans. En toute honnêteté j’ai rarement rencontré un groupe plus solidaire que celui-ci. Même s'il y a entre quelques individus des amitiés fortes, on retrouve toujours les jeunes ensembles, les plus habiles donnant un coup de main aux moins expérimentés. Je leur ai dit à plusieurs reprises comment j’étais fier de faire parti de leur groupe. Aucun jeune n’est laissé pour compte et si quelques choses ne va pas, aussitôt il y a un ou une amie pour lui donner un coup de main, plutôt qu’un coup de pied comme c’est trop souvent le cas. Je recommencerais ce camp demain matin avec eux sans aucune hésitation.

Demain, est-ce vraiment un autre jour ?

On en parle depuis plusieurs jours de ce départ. Les vieux rêvent de bras aimants, les jeunes cauchemardent à l’idée que les vacances sont choses du passé. Mais on aura eu un camp inoubliable. Demain une dernière chronique de l’équipe d'animation où nous remettrons les Oscars, Félix et Césars du camp. Soyez au rendez-vous pour ne rien manquer.

Benoit, appuyé par l’escouade mâles d’élite : Alexandre , William, Gilbert et les 2 Simon.

jeudi 16 août 2007

L'eau bue explose...!


Après une nuit trop vite écoulée, les pimpants pionniers que nous sommes remballaient ce matin leur gros stock pour se perdre en itinérants dans un Paris presque inconnu et ce, sans aucune idée du gîte qui nous accueillerait pour la nuit à venir… Mais (parce qu’il y a toujours un mais) le généreux et bienveillant curé qui nous mettait à la porte nous a malgré tout permis d’entreposer notre gros stock dans ses spacieux locaux… quelle grande âme! Son hospitalité d’un soir a malgré tout été bien appréciée et nous lui en sommes très reconnaissants. Ce matin donc, la température s’annonçant pluvieuse, c’est le Louvres qui nous a abrités pour la journée.

C’est pendant plus de sept heures que nous avons pu nous réfugier dans le magnifique et réputé musée de Paris. L’entrée ne nous a presque rien coûté grâce à un précieux contact reçu à Versailles le premier jour du voyage. Après avoir déposé nos sacs et trouvé notre chemin dans l’immensité du palais, nous nous sommes séparés dans l’aile Sully du musée pour aller visiter les antiquités égyptiennes et grecques. Ces brocantes nous ont vite ouvert l’appétit et nous avons chèrement cassé la croûte dans la cafétéria du musée. C’était peut-être très dispendieux, mais au moins c’était savoureux. Une fois le repas terminé, nous avions quartier libre pour explorer à notre guise les 4 étages du Louvres. Bien sûr, nous ne pouvions pas passer par là sans aller voir les classiques : la Joconde, la Vénus de Milo, la pyramide renversée ainsi que les œuvres de Michelangelo et Leonardo da Vinci.

Bien que nous ayons énormément apprécié la visite, à notre sortie, nous devions tout de même trouvé un endroit où coucher. Nous nous sommes alors rendus à l’église pour récupérer notre matériel et avons repris la route... à pied… sous la pluie… sans trop savoir où aller! Ce n’est pas qu’une petite aventure; Il faut porter notre gros bagage, notre sac de jour, les deux tentes, le ‘’barreau de chaise’’ de coffre jaune (celui-ci contient la vaisselle), le gros sac mauve de camping et la nourriture, sans oublier le trajet de métro avec tout cela sur le dos! Nous avions trouvé deux solutions pour l’hébergement de ce soir: du camping au Bois de Boulogne sous la pluie à un prix raisonnable ou l’auberge de jeunesse qui nous plongeait dans la dette… mais dans le confort! Le poste a usé de la démocratie afin de trancher et nous avons opté pour la deuxième option. Nous savions bien que le coût élevé de ce logis nous obligerait éventuellement à une géniale fin de semaine d’emballage chez Wal-Mart, mais cela ne nous importe peu… comme on dit : ‘’Souris, t’es à Paris!’’ (Proverbe de notre cru…)

C’est sans regrets que nous avons quitté l’école en rêvant à la prochaine nuit dans un lit douillet (enfin!). Même si le trajet fut des plus inconfortables, nous avons eu beaucoup de plaisir à encombrer le métro de Paris. Quelques rues plus loin, c’est l’auberge de jeunesse Blue Planet qui nous attendait. Ce fut un plaisir de découvrir qu’en plus d’avoir des lits confortables (en tout cas plus que nos matelas de sol), nous pouvions prendre une bonne douche chaude et qu’un petit déjeuner nous attendrait le lendemain matin.

C’est avec empressement que nous avons rempli l’immense trou qui encombrait notre estomac chez nos voisins. Un petit resto arabe aux coutumes bien différentes des nôtres nous attendait. Un serveur sans aide-mémoire, un autre appelé sur le pouce pour desservir cette bande d’affamés et un petit thé pour digestif, le tout dans une ambiance plus que familiale. Il va sans dire que c’est la panse bien gonflée que nous sommes sortis de là et notre enthousiasme habituel était de nouveau au rendez-vous (la fatigue aidant peut-être un peu…). Comme le veut la routine, nous avons pris notre courage à deux mains pour affronter la pluie, le temps d’une petite marche dans les rues à proximité de la gare de Lyon, notre quartier d’adoption pour les prochaines nuits. C’est donc en direct du café au décor un peu rétro de notre auberge de jeunesse que nous vous écrivons ces quelques lignes. Une à la douche, une sur internet, quelques unes qui écrivent et on alterne ainsi jusqu’à ce que tout le monde soit propre.

On peut donc dire que ce 15 août a été une journée remplie de rebondissements, d’incertitudes et d’aventures digne du poste pionnier des Conquérants des vents de la 148e! Il ne reste plus que quelques jours avant notre retour, soyez donc patients, continuez de suivre notre périple et ne cessez jamais de nous écrire. Alors ce soir, en vous couchant, pensez à nous et…dites nous bonne nuit, nous vous entendrons!

Par les filles : Gab, Amé, Chloé, Cyn et Maryse!

P.S : Sachez que… l’obus explose! (calembour nul, entendu au restaurant arabe)


Petit message à la maman qui tratait mes propos sur les femmes de 50 ans de mariodumontesque. J’aurais sans doute du utiliser le texte de Jean-Pierre Ferland : à 20 ans les femmes sont jolies, à 30 ans, elles sont belles, après ça dépend d’elle. En France en général et à Paris en particulier il est étonnant de voir toutes ces femmes élégantes, habillées comme dans des magazines de mode simplement pour faire leur épicerie ou visiter un musée. Aucune tentative de ma part de discréditer ici qui que ce soit, que des constatations de 3 hommes, loin de leurs amoureuses, depuis 2 semaines ;-)

Benoit

mercredi 15 août 2007

Si on se préoccupait de l’achèvement des choses, nous n’entreprendrions jamais rien...


Cette phrase en titre a été prononcée par le roi François 1er pour justifier la construction vers la fin du 15e siècle de ce château digne d’un mégalomane, le château de Chambord. Tout d’abord un pavillon de chasse gigantesque, il a été complété au fil des 5 siècles suivants par de nombreux rois et empereurs.

Après d’âpres discussions il a été décidé de visiter Chambord au lieu de Chenonceaux, Vaux-le-Vicomte ou d’autres châteaux renommés. Alors allons-y. L’escalier double, inspiré des dessins de Léonard de Vinci, est un chef d’œuvre d’ingéniosité. La pierre blanche, et les nombreuses sculptures aux plafonds, rendent ces lieux magiques. On ne sait plus où donner de l’œil. Nous n’avons pas le choix de prendre des centaines de photos.

Hier nous avons eu une journée forte en rebondissement. Couché à 40 km de Chartres dans un camping médiocre, le camper s’est embourbé, au petit matin, dans la glaise. Un bon samaritain, un peu lent, nous a sorti de ce pétrin mais de précieuses minutes ont été perdues pour la visite de la splendide cathédrale de Chartes. Qu’à cela ne tienne. Le temps de grimper le clocher, de visiter la nef, le chœur et de s’imprégner de ce temple grandiose, nous repartons pour laisser nos véhicules près de Versailles, pour le camper, et à l’aéroport Charles de Gaule, pour le minibus.

Les bagages transportés dans le RER (train de banlieue) et le métro pèsent sur nos fragiles dos scouts. En plus nous devons nous farcir les marches qui ne finissent plus de la plus profonde station de métro de Paris, le métro des Abesses, à Montmartre.

Bien que le voyage se soit passé sans anicroche jusqu’à date, il nous fallait un petit peu de défi afin de rendre ce camp inoubliable. Le défi : le local où nous devions demeurer pour 4 nuits est en complète rénovation et ils nous est impossible de l’habiter. Le curé de St-Jean de Montmartre nous recommande une autre paroisse à une dizaine de rue de là qui accepte de nous accueillir pour la nuit. L’école où nous avons dormi est propre et équipée de toutes les facilités (toilettes, lavabos et cuisine) mais aucune douche. Alors on sort les « wet ones » et on étend la crasse. On couvre ça de déodorant et le tour est joué. C’est la méthode scoute.

Hier soir, un peu de luxe. Nous avons mangé comme des rois dans une pizzeria. Nous avons arpenté le quartier de Montmartre avec ses cafés, ses caricaturistes et ses boutiques souvenirs. Nous nous sommes aussi recueillis au Sacré-Cœur et vus les incontournables du coin comme le Moulin Rouge, Pigalle la nuit, le café du chat noir et le Moulin Galette. Assez pour remplir la carte mémoire de son appareil photo.

En ce moment je vous écris d’un banc en face du musée du Louvres. Les jeunes s’y sont engouffrés ce matin et nous planifions y rester jusqu’à sa fermeture à 17h30. Je leur ai recommandé de se concentrer sur quelques salles qui les intéressent plutôt de perdre son temps à tout voir. Le Louvres on peut facilement y passer une semaine pour tout voir.

Alors ils s’amusent fermes et en ont plein les yeux. Le confort est sommaire et la bouffe un peu répétitive mais ils n’en mourront pas. Ça ne va que les rendre plus conscient, au retour, de la chance qu’ils ont…

Benoit

mardi 14 août 2007

Chronique de l’Hexagone (ou comment survivre à nos cousins)


Voici de façon un peu désorganisée mes réflexions à la faveur de 9 jours en sol breton et français.

Les toilettes
Les français ont beaucoup contribué à faire évoluer l’humanité au cours des derniers siècles. Nous leur devons entre autres le code civil, le système métrique, la démocratie, la déclaration des droits de l’homme et le champagne. Malheureusement dans la plupart des lieux où nous avons séjourné, cette évolution s’arrête à la toilette turque. Lorsque tu es obligé de t’y prendre comme les hommes des cavernes pour parachever tes obligations intestinales, il y a de graves lacunes sur le plan de l’évolution globale de cette société. Si jamais tu réussi à trouver un cabinet d’aisance moderne, ils ont eu la brillante idée d’ôter le couvercle pour que tu t’en serves tout de même comme les turcs. Et le papier hygiénique, le savon et le papier à main, oubliez les, ça n’a pas encore été inventé ici. Si vous voulez de bonnes toilettes, vous devez payer le gros prix. Je sais maintenant ce que veux dire VC, ça veut dire « Va c… »

La nourriture
Voici mon hit-parade sur la nourriture :

Ce que j’aime :
- la baguette de pain à 40 centimes (55 cents)
- le vin à 80 centimes ($1.10). Il goute un peu l’eau, mais quand même bon…
- tous les fruits de mer sont très abordables (moules, huitres, crevettes)
- la saucisse n’est pas chère et très goûteuse
- le Nutella 500mL est à 1 euro (1,40$)

Ce que j’aime moins :
- les viandes rouges à des prix exorbitant
- le lait est cher et le UHT imbuvable
- le pain tranché est souvent de piètre qualité
- aucun de nos produits d’origine British n’est disponible comme le bacon, la moutarde, le gruau, la crème de blé, le ketchup Heinz et le beurre de pine…

Les femmes françaises
La gente féminine française est souvent bien habillée, bien mise, mince et racée. Même les femmes de plus de cinquante ans sont attrayantes et prennent soin d’elles. On peut distinguer facilement les nord-américaines ou britanniques des françaises dans un musée ou sur la plage. Par contre, nous remarquons tout de même un certain laisser aller sur la pilosité. De plus Gilbert, à l’œil de lynx, a remarqué qu’elles ont un nez un peu trop pointu.

Le système routier
En général, malgré ce qu’on peut en dire, les français conduisent très bien sur les autoroutes. Est-ce seulement parce qu’ils sont avec leurs familles pendant les vacances qu’ils conduisent de façon civilisée ? Rarement je me suis fait coller aux fesses comme ça arrive souvent chez nous. Les français ont la mauvaise habitude de faire passer les rues secondaires de deux voies à une voie à l’aide de trottoirs plus larges, sans raison logique. Les seuls chauffards des routes de France sont les motards. Nous remarquons très peu de présence policière. Et les passages cloutés sont généralement respectés par les automobilistes et si tu t’avise de ne pas les respecter, tu a droit à des regards inquisiteurs.

Les jeunes et le sommeil
Du fait que les jeunes se couchent relativement tard, ils veulent tous dormir le jour pendant que nous roulons dans le camper et le minibus. J’ai donc de la difficulté à recruter un copilote qui pendant 4 à 5 heures par jour m’accompagnera inlassablement. Par contre, j’ai déniché une perle rare qui m’endure, et de qui je tolère les ordres, c'est-à-dire Alexandre dit Le Grand.

Le copilotage
Voici un texte écrit par mon copilote de confiance : « La vie d’un copilote est ardue et pleine de rebondissements. Le stress fait parti de notre fardeau quotidien. Il nous faut endurer les sautes d’humeur et, pire encore, les blagues de Benoit. Les villes et villages sont notre calvaire. La carte de la région n’indique pas les subtilités routières de ces infimes parties du monde. Bien qu’il y ait quelques pancartes pour indiquer la localisation des villes, l’unique façon sûre de s’orienter est l’instinct. Les autoroutes sont les seuls lieux de repos que nous pouvons espérer. Heureusement, même en cas d’erreur, il y a toujours la possibilité de se rattraper. « Tous les chemins mènent à Rome…Il y en a juste des plus long que d’autres », dit souvent Benoit. Finalement, même si une journée comme copilote n’est pas de tout repos,
Le plus beau des réconforts,
C’est d’arriver à bon port,
Avant que la nuit ne soit tombée,
Sans que Benoit ne m’ait égorgé. »

Les maisons bretonnes
Les chaumières bretonnes possèdent un style unique….Deux cheminées à chacune des extrémités, trois lucarnes au sud, aucune fenêtre au nord, toit de chaume (plus rare) ou d’ardoise tenues par d’étranges crochets de métal. Je suis toujours fasciné par ces magnifiques demeures et planifie même de refaire mon chalet avec un style breton (svp ne pas faire lire ce texte à mon épouse). Les français protègent leur patrimoine architectural afin d’éviter les gros centre commerciaux à la nord-américaine et proscrivent la construction de tours à appartements dans les stations balnéaires.

Qu’en est-il de notre itinéraire ?
Dès notre départ de Bénodet, nous apportons des modifications à l’itinéraire de départ. Nous décidons de concentrer deux journées en une seule afin de pouvoir visiter au moins un des réputés châteaux de la Loire. Voici donc notre nouvel itinéraire : Départ de Bénodet, dîner à Port-Louis, port situé au sud de Lorient, qui à l’époque de la Renaissance, servait de première défense contre leurs ennemis. Coucher à Quiberon (prononcer Quibron, sans « e »). Cette presqu’île offre le dépaysement des stations balnéaires de luxe, avec le cachet breton. Elle possède de magnifiques plages, un centre-ville animé et une vue fantastique sur la mer. Départ de Quiberon et lunch au château de Chambord. Visite du château en d’après-midi et retour vers Chartres où nous planifions visiter la cathédrale demain avant de rendre le camper en après-midi. Demain Paris, Paris ville lumière, Paris qui ne dort jamais.

Soyez aux aguets pour tout connaître de notre périple et des rebondissements de notre futur campement à Pigalle…

Benoit et la précieuse collaboration d'Alexandre, le copilote poète

lundi 13 août 2007

Magasinage, plage, dragage…


Nous voilà sur les routes en direction de Quimper. Le voyage s’annonce très long. Trouvant le paysage trop maussade, Benoit et Alex ont décidé de faire un bref détour par la côte. Après quelque temps à regarder ce panorama grandiose, la faim nous a assaillies. Nous sommes arrêbord de la plage afin d'assouvir notre appétit. Une famille bretonne nous a abordées pour nous faire la jasette. Ces nobles gens étaient fort sympathiques. Ils nous ont offert de l’eau-de-vie de bière pour nous faire goûter un brin de leur majestueuse région. Quelques temps après, nous les avons quittés pour continuer notre périple.

Nous arrivons enfin à la magnifique ville de Quimper, après de nombreuses heures de route. Cette cité nous fait revivre la Bretagne à l’époque du Moyen-Âge. Ces maisons ancestrales et ces cathédrales gothiques nous font revenir quinze mille ans en arrière. Divers petites boutiques ornaient les rues de cette ville. Plusieurs d’entre nous ont flâné dans ces multiples échoppes attirés par leurs abondantes marchandises. Vers l’heure du retour, tous les jeunes ce sont retrouvés pour essayer de revenir à notre point de départ. Après quelques minutes de recherche assidue, nous voyons Pierre et Gérald droit devant nous. Tous ensembles, nous décidons de le suivre discrètement. Disons qu’à 11 personnes, c’est raté. Ils nous ont repérés après 10 minutes. Malgré notre grande joie de visiter Quimper, nous devions chercher un endroit pour pouvoir reprendre nos forces.

Notre choix c’est arrêter sur la ville de Bénodet. Plage et camping étaient au rendez-vous. Malgré les espaces réduits pour se rendre au camping nous finissons par nous rendre à l’accueil pour discuter avec le généreux propriétaire. Nous avons hérité d’un grand et magnifique terrain isolé et cela sans compter les douches et les toilettes. Un camping près de la mer, on ne pouvait pas rêver mieux. Après le montage terminé, nous décidons d’un commun accord d’aller à la plage. Même Benoit et Pierre, nos courageux animateurs, sont venu faire un petite saucette dans l’eau glacée. Aussitôt sorti de l’eau les doigts un peu blanc, nous sommes rentrés au campement pour le souper.

Après avoir mangé, tous le groupe décidèrent d’aller visiter Bénodet de nuit et manger une crème glacé. De plus les filles avait remarqué de «beau paysage» à regarde près de la plage. Gérald, notre «Sugar Daddy» nous donnait comme couvre feu 23h00. Après multiples discussions avec notre représentante, Gabrielle, nous avons réussi à obtenir une prolongation de 1h. Nous avons enfin pu côtoyer de près les français et leur montrer qui étaient les Québécois. Nous avons marché et jasé tout le monde ensemble. Une seule condition avait été fixée, signer un feuille de présence lorsque nous revenions au campement. Les 5 filles et Gilbert sommes rentrés à 23h30. Nous avons profité de notre avance pour regarder les étoiles dans le ciel. C’était magnifique! Tout autour de nous était silencieux, on n’entendait que les sons du vent. Puis sous ce ciel étoilé nous sommes allé nous coucher à 24h00 pile, comme convenu.

Chloé

Message secret de l'administrateur du blog (Benoit): n'hésitez pas à faire part de vos commentaires en public ou en privé à nos jeunes. Chaque fois que je vais mettre à jour le blog, les jeunes sont impatients de lire vos messages. Alors, forcez-vous, bonne mère ! ;-)